| Capitale | Kaboul |
|---|---|
| Population | 21,3 millions (1996), 32,7 millions (estimation juillet 2008) |
| Langue officielle | pashtou et dari (farsi) |
| Groupe majoritaire | aucun groupe majoritaire |
| Groupes minoritaires | pashtou (38 %-40 %), dari (26,2 %), hazara (6,5 %), ouzbek (6,5 %), turkmène (2,3 %), brahoui (1 %), baloutchi (1 %), pashayi du Sud (0,5 %), etc. |
| Système politique | émirat islamique de type autoritaire |
Vous pouvez également consulter le site du ministère des Affaires étrangères, France diplomatie
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L'Afghanistan, officiellement appelé République islamique d'Afghanistan, est un pays de l'Asie du Sud-Ouest bordé au nord (en Asie centrale) par le Turkménistan, l'Ouzbékistan, et le Tadjikistan, à l'extrême nord-est par la Chine, à l'est et au sud par le Pakistan et à l'ouest par l'Iran. C'est donc un pays situé aux limites du Proche-Orient et de l'Asie, dont la plus grande superficie est couverte par de hauts plateaux ou de hautes montagnes faisant partie de la chaîne de l'Himalaya. Du fait que son territoire de 652 090 km² (équivalant à une superficie un peu plus grande que celle de la France) est enclavé au carrefour des civilisations persane, turque, arabe, indienne, chinoise et russe (entre l'Iran, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Pakistan et un petite partie de la Chine), cette position stratégique a longtemps entraîné des luttes d'appropriation du territoire.
La capitale officielle du pays est Kaboul, mais il existe aussi d'autres villes importantes telles que Hérat, Mazar-é-Charif, Kandahar et Djalalabad; pour les talibans au pouvoir, c'est la ville de Kandahar qui est devenue le centre politique du pays. Toutes les villes de l'Afghanistan ont énormément souffert de vingt ans de guerre et tous leurs monuments historiques sont gravement endommagés. Pays principalement montagneux avec peu ou pas de végétation sur plus du deux tiers de son territoire, l'Afghanistan n'a pas accès à la mer.
L'Afghanistan est divisé en trente et une provinces appelées velayat.
En 1996, l'Afghanistan comptait 21,3 millions d'habitants (estimation de juillet 2001 : 26,8 millions). Cependant, on dénombre aussi un grand nombre de réfugiés. Ainsi, à la fin de la décennie 1980, on dénombrait cinq millions de réfugiés, dont trois millions étaient au Pakistan et un en Iran. Ravagé par vingt ans de guerre en plus d'être affligé par une sécheresse qui se prolonge depuis plusieurs années, l'Afghanistan compterait plus d'un million de déplacés, véritables réfugiés de l'intérieur, qui survivent grâce à l'aide internationale. Pour le moment, cinq millions d'Afghans dépendent de l'aide internationale pour survivre. Actuellement, on peut estimer – toutes les données numériques, quelles qu'elles soient, restent des approximations car il n'y a pas eu de recensement depuis des décennies – que la population du pays compte plus de 24 millions d'habitants (entre 24,5 millions et 29 selon les différentes estimations, auxquels il faut rajouter 3 millions de réfugiés encore présents en Iran et au Pakistan, selon les estimations les plus hautes).
Du point de vue religieux, plus de 99 % de la population afghane est de confession musulmane. La plupart (près de 80 %) des Afghans sont des sunnites de rite hanéfite. Il existe aussi une importante minorité chiite, représentant 20 % de la population, notamment les Hazaras des plateaux du centre et certaines petites ethnies du Nord (dont des Tadjiks). Il existe peut-être encore une infime portion de petites communautés éparses de juifs, d'hindouistes et de parsis.
La population afghane, essentiellement rurale, peut être divisée en quatre principaux groupes ethniques : les Pashtouns (38 %), les Tadjiks (25 %), les Hazaras (19 %) et les Ouzbeks (6 %). On compte également quelques ethnies moins importantes : les Aïmaks (3,7 %), les Farsiwans (2,8 %), les Turkmènes (1,4 %), les Brahouis (1 %), les Baloutches (0,5 %) et les Nouristanis (0,5 %).
Mais on ne peut totalement ignorer le fait que le pays abrite une trentaine de petites ethnies comptant chacune moins de 10 000 personnes, voire moins de 2 000 ou 1 000 : Arabes, Ashkun, Darwazi, Grangali, Gujari, Jakati, Kamviri, Karakalpak, Kati, Kazak, Kirghiz, Malakhel, Mongols, Munji, Pashayi, Prasuni, Sanglechi, Savi, Shughni, Shumashti, Tangshewi, Tregami, Ouïgour, Waigali, Wakhi, Warduji et Wotapuri-Katarqalai.
Si l'on fait exception des « grandes ethnies », les Pashtouns et les Tadjiks (et peut-être les Ouzbeks et les Turkmènes), la plupart des petites ethnies du pays vivent comme au moyen âge, isolées, enclavées, dans une immense pauvreté, analphabètes (plus de 90 %) et mal soignées, sans savoir ce qui se passe dans le monde.
Voici une petite description des principales ethnies en Afghanistan :
| Ethnie | Nombre approximatif | Langue | Région |
|---|---|---|---|
| Pashtouns | 7 000 000 | pashtou | Sud et Sud-Est; Kaboul |
| Tadjiks | 3 500 000 | dari | Nord et Nord-Est; Kaboul |
| Hazaras | 1 500 000 | hazara | Centre (Hazarajat) et Kaboul |
| Ouzbeks | 1 300 000 | ouzbek | Nord |
| Farsiwan/Herati | 600 000 | herati | Ouest et Sud |
| Aïmaks | 480 000 | aimak | Ouest |
| Turkmènes | 300 000 | turkmène | Nord |
| Brahuis | 200 000 | brahui | Sud-Ouest |
| Baloutches | 100 000 | baloutchi | Ouest et Nord-Ouest |
| Nuristanis | 100 000 | langues nuristanies | Est |
Les Pashtouns (ou Pashtounes, Pashtous, Pachtos, Pachtounes, etc.), l'ethnie considérée comme majoritaire (38 %), sont des cultivateurs et des éleveurs vivant dans le sud et le sud-est de l'Afghanistan (presque la moitié du pays), ainsi que dans les provinces pakistanaises de Frontière du Nord-Ouest (frontière nord-ouest avec l'Afghanistan) et du Balouchistan. Voir la carte de gauche, zone rose. On en trouve aussi par îlots dans le nord et l'ouest de l'Afghanistan en raison d'une migration favorisée par plusieurs gouvernements d'origine pashtoune (voir la carte ethnolinguistique plus haut).
Les Tadjiks (25 % de la population) sont des cultivateurs et des commerçants qui comptent parmi les descendants des plus anciens habitants du pays. Ils ne représentent plus aujourd'hui une véritable ethnie, mais plutôt un ensemble de peuples ayant une culture et une langue commune, le dari (ou persan), d'origine iranienne de l'Ouest; autrement dit, le mot Tadjik désigne en Afghanistan tous les persanophones sunnites du pays. Les Tadjiks parlent le dari (appelé farsi en Iran).Les Tadjiks sont plus dispersées que les Pashtouns et habitent surtout dans le Nord-Est jusqu'à Kaboul, puis ils sont répartis en plusieurs îlots vers l'ouest. On trouve des Tadjiks en Afghanistan, mais aussi au Tadjikistan, en Ouzbékistan, au Kazakhstan, en
Iran et en Chine, pour un total de quelque 11 millions de personnes, dont sept en Afghanistan. Les Tadjiks d'Afghanistan, comme ceux des autres pays limitrophes, demeurent coupés géographiquement de leurs sources linguistiques iraniennes (voir la carte de gauche, en jaune). On distingue deux catégories de Tadjiks: les «Tadjiks montagnards» par opposition aux « Tadjiks des plaines » ; les premiers sont des musulmans chiites, alors que les seconds, appelés Farsiwans, sont de rite sunnite. En Afghanistan, les Tadjiks comptent traditionnellement parmi les adversaires les plus déterminés des Pashtouns.Du point de vue religieux, on doit préciser que tous les Afghans qui ne sont pas des sunnites orthodoxes peuvent être considérés aujourd'hui comme des minorités religieuses.
Cela signifie que seuls les Pashtouns ultra-orthodoxes ( les talibans) n'entrent pas dans cette catégorie. Tous les autres groupes, notamment les Tadjiks modérés (sunnites), les Hazaras (chiites), les ethnies turcophones sunnites (Ouzbeks, Turkmènes, Ouïgours, etc.) sont de véritables minorités religieuses pourchassés par les talibans pour leurs convictions non conformes.
Deux langues officielles : le pashtou et le dari
On compte autant, sinon davantage, de langues que d'ethnies en Afghanistan. La plupart des langues de ce pays (pashtou, dari, hazara, aïmak, nuristani, baloutchi, etc.) appartiennent au groupe indo-iranien (famille indo-européenne) et sont répartis sur les deux tiers de la superficie du pays, mais surtout au sud (voir la carte ethnolinguistique). Quelques autres langues, telles que le turkmène (tout au nord), le kirghiz (tout au sud-ouest), le kazakh, l'ouïgour et le karakalpak, font partie de la famille altaïque et sont concentrés davantage au nord (voir la carte ethnolinguistique). Il ne reste que deux langues dans tout le pays n'appartenant à aucune de ces deux familles : le brahui (200 000 locuteurs dans le Sud-Ouest) de la famille dravidienne et l'arabe (5 000 locuteurs disséminés dans quelques villages de la province de Takhar, au nord-est) de la famille chamito-sémique. Le pashtou et le dari sont, en principe, les deux langues officielles de l'Afghanistan. En Afghanistan, tous les groupes ethniques constituent des minorités linguistiques du point de vue strictement numérique. Dans les faits, ceux qui parlent le pashtou ou le dari font partie des groupes traditionnellement dominants, mais depuis le régime des talibans le pashtou a gravi des échelons dans la hiérarchie des langues. Quelques précisions s'imposent sur les deux langues officielles du pays :
| ا | ب | پ | ت | ث | ج | چ | ح |
| خ | د | ذ | ر | ز | ژ | س | ش |
| ص | ض | ط | ظ | ع | غ | ف | ق |
| ک | گ | ل | م | ن | و | هـ | ی |
Il est malaisé de décrire la politique linguistique de l'Afghanistan, car elle n'était pas écrite. Sous les talibans, l'Afghanistan n'était pas un État de droit, mais une théocratie où régnait l'arbitraire. Cependant, les pratiques alors en usage dans le pays donnent une assez bonne idée de la politique linguistique. Or, c'étaient les Pashtouns ultra-orthodoxes qui gouvernaient le pays et ils avaient la nette tendance à favoriser l'ethnie pashtoune ainsi que la langue pashtoue, aux dépens de toutes les autres langues. On peut même penser que les talibans voulaient faire disparaître toute trace de l'autre langue officielle du pays, le dari, qui est non seulement l'une des deux langues véhiculaires du pays, mais aussi une grande langue de culture depuis des millénaires.
Après plus de vingt ans de guerre et de querelles internes en Afghanistan, le secteur de l'éducation avait été durement malmené. Des régions entières ont plusieurs fois changé de mains entre les différentes factions en guerre. L'UNESCO déclarait à ce sujet que le système éducatif a été paralysé, mais que le recueil des données est pratiquement impossible en l'absence d'un gouvernement national universellement reconnu et acceptable. Bien que l'enseignement primaire ait déjà été décrété gratuit et obligatoire, le taux d'analphabétisme atteignait déjà 68,5 % en 1994, mais il est beaucoup plus élevé en 2000, surtout depuis que les filles ont été exclues des écoles, même dans les écoles coraniques. Certaines estimations avancent même qu'il serait plus élevé que 85 % et atteindrait les 88 %. D'ailleurs, en 1994, soit avant l'arrivée au pouvoir des talibans et sans doute à cause de la guerre civile, le pourcentage des jeunes scolarisés de 12 à 17 ans retombait à 15,5 %, c'est-à-dire moins que dans les années soixante-dix. Dans l'état actuel des choses, il est difficile de décrire la situation anarchique qui prévaut désormais dans le domaine de l'éducation. Seulement 6,8 % des enfants accéderaient aux études primaires (0,3 % termineraient), 1,2 % au secondaire et 1,5 % à l'université. Durant les quatre premières années qui ont suivi la prise du pouvoir par les talibans, la majorité des écoles ont dû fermer leurs portes. Les écoles enseignaient dans la langue de la province de résidence : le pashtou, le tadjik, l'ouzbek, etc. Ensuite, les écoles pour garçons ont finalement rouvert, au grand soulagement d'une partie de la population, mais seul le pashtou servit de langue d'enseignement. Dans le sud du pays, les talibans ont autorisé les écoles de garçons, mais l'enseignement primaire fut dominé par une idéologie religieuse fondamentaliste. Après tant d'années sans école, la question qui se posait le plus cruellement pour les familles était celle-ci : fallait-il envoyer leurs fils dans ces écoles au risque de les voir tourner en véritables petits talibans ou les priver encore d'instruction ? Pour les filles, interdites temporairement des écoles, la question ne se posait même plus. Après l'arrivée des talibans, neuf femmes sur dix sont devenues analphabètes. Le gouvernement taliban a toujours fait état de la situation militaire et du manque de fonds qui en résultait au nombre des raisons pour lesquelles les femmes n'avaient plus accès à l'éducation. En effet, toutes les filles furent exclues des écoles. Le vice-ministre Saïd Nazer Mohammed Agha commentait à ce sujet : L''éducation des filles n'est pas notre priorité. Selon ce vice-ministre : Les écoles pour filles vont rouvrir. L'interdiction était temporaire. Nous devons prendre le temps d'assurer leur sécurité et d'organiser des écoles séparées. Quant à la mise en place d'écoles séparées, soit les filles d'un côté, les garçons de l'autre, le vice-ministre a toujours refusé de reconnaître l'inaction de son gouvernement à ce sujet. C'est pourquoi, dans le plus grand secret, des centaines de familles afghanes ont continué pourtant d'éduquer leurs filles. Un système parallèle, évidemment tout à fait illégal, a été mis en place : des parents payaient des professeurs pour donner des cours privés à leurs fillettes. On estime qu'environ 18 % des enfants inscrits dans les écoles étaient des filles.
Dans presque toutes les écoles sous contrôle talibans, des mollahs se sont improvisés instituteurs. Les services éducatifs continuaient d'être assurés par les administrations locales de manière tout à fait sporadique. Les mollahs ont été dépêchés dans les écoles afghanes par le ministère de l'Éducation fixé à Kandahar, la capitale religieuse. Leur rôle officiel consistait à remplacer les institutrices désormais cloîtrées à la maison et, surtout, veiller à la stricte application de la Charia, la loi islamique, dans les établissements d'enseignement. Tous les élèves devaient porter le turban et le chalwar camiz, l'habit traditionnel afghan (une sorte de pyjama très ample). Les garçons les plus âgés devaient aussi laisser pousser leur barbe. Le seul mot d'ordre : se rapprocher le plus possible, en apparence comme dans la ferveur religieuse, du prophète Mahomet, celui qui a reçu, au viie siècle, la parole de Dieu, et qui fut à l'origine de la religion islamique. Les livres de classe reflétaient aussi de cette logique : plutôt que de recycler les manuels scolaires importés par les soviétiques au temps de l'occupation, les talibans ont acheté des manuels imprimés ces dernières années au Pakistan par les factions moudjahidines. Ces manuels bénéficiaient d'un avantage incomparable : ils faisaient l'apologie de l'islam et ils étaient tous rédigés en langue pashtoue. Tout l'enseignement en Afghanistan tournait autour de la religion, mais les garçons apprenaient au moins à lire et à écrire. Le nombre des disciplines était singulièrement réduit : il fallait compter trois ans pour apprendre par cœur le Coran, puis on se lançait dans l'apprentissage de la vie et des paroles du prophète Mahomet. La jurisprudence islamique et l'histoire islamique étaient au programme des plus âgés. La littérature, les sciences, les mathématiques, les langues étrangères, la géographie, l'histoire, etc., n'avaient pas droit de cité. C'était un principe généralisé dans les écoles coraniques d'Afghanistan. Pendant les bombardements américains, les talibans vidaient des écoles secondaires et recrutaient des adolescents. Pour ce qui est des établissements d'enseignement supérieur, on estime que seuls 1,5 % des jeunes fréquentaient ces établissements. La principale université est celle de Kaboul, fondée en 1932. L'école de commerce (1943), l'Institut polytechnique (1951) et l'Université islamique (1988) sont tous dans la capitale. Seule l'université de Nangarhar (1962), plus petite, est située à Djalalabad. Les universités ont toutes été interdites aux femmes afghanes. Avant 1996, on comptait 60 % de femmes à l'université de Kaboul. Non seulement les femmes en furent exclues, mais les hommes devaient consacrer une large part de leur horaire à des cours de religion quotidiens. Beaucoup de professeurs ont été tués, alors que les autres ont choisi l'exil pour se soustraire à l'étranglement intellectuel. Quelques années plus tard, la plupart des bâtiments publics de Kaboul, dont les écoles, les universités et les hôpitaux, avaient été détruits.
La situation change. Plus de quatre millions d'enfants sont retournés dans les établissements d'enseignement.
Direction des services départementaux de l'éducation nationale de l'Yonne
Dernière mise à jour de cette page le 14/11/2008.